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Le 27 août, les Régates messines mettront les petits plats dans les grands pour fêter leur 150e anniversaire. L'ancienne championne de France Gisèle Zacharias et le président d'honneur Pierre Marson se souviennent.

Gisèle Zacharias et Pierre Marson « C'était l'une des plus belles périodes de ma vie ! » Voilà des années que Gisèle Zacharias n'avait pas franchi les portes du club cher à son coeur.

Les Régates messines, puisque c'est d'elles dont il s'agit, s'apprêtent à fêter leur 150e anniversaire. Un moment important que l'ex-championne de France (1951), aujourd'hui âgée de 86 ans, ne ratera sous aucun prétexte.

Pionnières

De l'époque où, parrainée par son amie Ginette, elle fut l'une des premières filles à entrer dans le cercle fermé des rameurs, Gisèle n'a rien oublié. C'était en 1947 ! « Nous étions des pionnières , mais, contrairement aux garçons, nous devions nous contenter de petits vestiaires », lance-t-elle fièrement.

Non seulement des pionnières, mais aussi de véritables combattantes. Car ce sont elles qui, en 1950 et 1951, damèrent le pion à la gent masculine en offrant les premières médailles d'or au club messin. « Nous sommes même allées à Amsterdam pour défendre notre titre. Les Hollandaises étaient deux fois plus grandes que nous... »

En ressortant l'article du journal relatant l'exploit de Ginette Laharotte, Andrée Payrand, Léone Visse et Nicole Hertz, Pierre Marson sourit. Car, en ce temps-là, celui qui dirigea les Régates de 1976 à 2000 avant d'en devenir président d'honneur, était le barreur attitré de ces dames. Sauf à Amsterdam où, pour répondre à l'intransigeance du règlement européen, il a cédé sa place à une autre future championne, Renée Camus.

Sport de riches

Depuis, Pierre Marson s'en est remis : « Je suis entré au club en 1945, je ne l'ai jamais quitté et j'y ai tout fait, sauf le trésorier ! » Certes, la nostalgie est palpable, mais quand il évoque les années passées, le ton prend des airs humoristiques : « Les Régates ont toujours été reconnues comme un club dynamique, mais assez fermé et pour tout dire, avec son quota de médecins, d'avocats et de commerçants de la nomenclature messine, un peu snobinard. Mais, dès l'instant où un nouveau y entrait, il s'apercevait vite que ce n'était pas vrai ».

La belle époque

Le temps où l'aviron avait la réputation d'être un sport de riches, où il fallait être à la fois parrainé et propriétaire de son bateau pour y être admis, est fort heureusement bel et bien révolu. Il n'empêche, Pierre Marson et Gisèle Zacharias en conservent d'excellents souvenirs.

« On allait camper tous ensemble sur le terrain loué par le club dans les étangs de Vaux. Entre mai et septembre, les régates régionales se succédaient entre Nancy, Pont-à-Mousson, Pont-Saint-Vincent, Verdun, Toul ou encore Saint-Mihiel... »

Et puis, toujours grâce aux féminines (Dominique Nosal et Claude Rettien), il faudra patienter jusqu'en 1983, soit trente-deux ans, pour que le club renoue avec une victoire nationale. Viendra le tour des garçons avec Oyarzabal, Fidry, Diebold et autre Schaaf... Mais ce seront encore grâce à des filles, Christine Gossé et Amélie Bouvy en tête, que les couleurs du club brilleront à l'international. Bien longtemps après la victoire de Gisèle en yolette de pointe, sous la direction d'Eugène Rosé, les nouvelles générations de rameurs et rameuses suivent l'exemple : « Je suis fier d'avoir participé à cette grande histoire. J'espère qu'elle se poursuivra après nous », conclut simplement Pierre Marson.

M.-O. C.

Photo Maury GOLINI

Dernière modification le Vendredi, 02 Septembre 2011 13:01

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